Que tu sois passionné d’animaux et d’environnement, que tu rêves de quitter la ville pour vivre en campagne, ou que tu sois tout simplement curieux; The Biggest Little Farm (V.F Tout Est Possible) est le documentaire que tu dois regarder. 

Parmi les histoires qui m’inspirent et me touchent le plus, celles de gens qui font passer leur rêve à la réalité sont au sommet de ma liste.

J’aime encore plus lorsqu’il est question de citoyens urbains qui quittent leur vie effrénée en ville pour s’installer en campagne. En tant que passionnée des animaux, de l’agriculture et de l’environnement, j’ai su que je devais visionner ce documentaire à la seconde où j’ai lu les premières lignes de sa description:

A testament to the immense complexity of nature, The Biggest Little Farm follows two dreamers and a dog on an odyssey to bring harmony to both their lives and the land (…). *   *https://www.imdb.com/title/tt8969332/plotsummary

RÉSUMÉ

Le documentaire met en scène John et Molly Chester (il est réalisateur de film, elle est blogueuse alimentaire et chef), ainsi que leur chien Todd.
Par heureux hasard et/ou par la force des choses, ils sont contraints à quitter leur appartement à cause des aboiements de ce dernier. C’est à ce moment que leurs astres s’alignent et que la décision devient claire : il est temps pour la famille d’emménager en campagne californienne, le rêve de Molly depuis longtemps étant de bâtir une ferme et d’accéder aux meilleurs aliments possibles.
Ainsi, on suit le couple qui s’entoure progressivement d’une équipe de plus en plus grande, au cours des 8 premières années au sein du développement de Apricot Lane Farms où remises en question, succès et surprises se succèdent.

4 RAISONS DE VISIONNER

 1) Le sujet est beau, drôle, touchant et attendrissant.
Voir évoluer tout ces animaux dans leur nouveau domicile donne envie d’y être pour les cajoler à notre tour.

 2) La direction ne lésine pas à montrer la dure réalité d’une ferme pourtant bucolique.
Entre maladies, décès, gestion et problématiques; le documentaire nous livre de réelles images et situations affrontées par les nouveaux fermiers.

3) C’est une leçon d’humilité envers la nature.
Pour certains, ce sera rempli d’apprentissages, pour d’autres, ce sera un gentil rappel d’un phénomène bien au-dessus de nous : la nature est plus forte que tout. Au moment où les OGM et pesticides font l’objet de plusieurs recherches, il est d’autant plus pertinent de comprendre en quoi la nature demeure maitre de son destin.

 4) La beauté et la préciosité des images.
La réalisation est sublime; on y met en valeur autant la délicatesse des prédateurs voraces, que la force d’innocentes proies. Les magnifiques images nous donnent accès à l’intimité de la nature qui nous est rarement accessible.

Deux apprentissages m’ont principalement marqués :

APPRENTISSAGE 1

Un écosystème est fragile. En parfait équilibre, il s’autorégule, rendant plus « facile » le travail du fermier.
C’est-à-dire qu’en laissant la nature faire ce qu’elle à a faire, les événements vont et viennent sans trop de grandes conséquences. 
Lorsque l’homme dérègle ce fragile équilibre, les problèmes surviennent au péril des individus qui le peuple.  

Des feux de forêts aux coyotes, en passant par les escargots et les maladies, les nouveaux fermiers font face à une constatation toute simple, mais trop souvent ignorée : nous ne pouvons contrôler la nature. Pour vivre en harmonie avec elle, il ne faut pas forcer les choses, il faut laisser la tendance naturelle des événements suivre son cours.
La meilleure attitude à adopter, c’est de constater la situation, prendre un pas de recul, et analyser comment le cycle naturel de la vie peut nous aider. 

Une belle leçon qui, selon moi, peut s’appliquer dans bien des aspects de notre vie.

APPRENTISSAGE 2

J’ai tendance à chercher par tous les moyens des manières de me convaincre que mes projets (ouvrir un café, vivre sur une ferme) sont réalistes dans ma situation actuelle. 

Or, on apprend rapidement en début de documentaire que la réalisation de leur projet a lieu en majeure partie grâce à un investisseur majeur.

Il ne faut donc pas voir ce documentaire comme un guide pour apprendre à bâtir une ferme à partir de rien. Ce n’est pas non plus une histoire qui nous laisse croire que n’importe qui peut se lancer du jour au lendemain dans cette aventure.
Bien que leur modèle d’affaires soit inspirant, les investissements nécessaires à la réalisation de ce projet, que ce soit leur terrain situé à une heure de Los Angeles, leur machinerie lourde, l’achat des arbres fruitiers, leur mentor, et leur équipe sont de l’ordre de plusieurs millions de dollars américains. 

Loin de moi l’idée d’être pessimiste : je crois fondamentalement qu’un projet qui fait du sens, avec un plan d’affaires rigoureusement bâti, peut voir le jour. Seulement, pour l’instant, j’ai compris que mes petites économies me permettront au mieux d’acheter un petit cabanon.

Le message à retenir se trouve surtout dans le portrait qu’il dresse entre l’agriculture en monoculture et l’agriculture diversifiée. Dans la nature, tout est lié ; l’homme, les végétaux et les animaux font partie du même écosystème et sont reliés à tout jamais. En s’interrogeant davantage sur la provenance de nos aliments et en analysant les impacts de certains types d’agricultures sur l’environnement, on agit pour que l’ensemble dont on fait partie, mais qu’on ne possède pas, fasse un tout harmonieux. 

Bref, The Biggest Little Farm est un documentaire qui fait du bien à l’âme tout en nous exposant aux déchirantes réalités de la nature. 
Quelque peu difficile à trouver sur Internet, j’ai pu le visionner en le louant sur Youtube. Environ 5$ pour 48h de location.