Fika : et si le bonheur était dans le café ?

Fika : et si le bonheur était dans le café ?

C’est bien connu : les pays scandinaves ont une longueur d’avance par rapport à nous sur bien des aspects. On admire leur système d’éducation, leurs initiatives environnementales, bref leur style de vie en général. On les admire tellement que, depuis quelques années, des concepts comme Hygge et Lagom sont venus jusqu’à nous et se sont intégrés à notre vocabulaire. En toute sincérité, on ne peut que les remercier!

Récemment, en lisant Le livre du Lagom par Anne Thoumieux, j’ai découvert un concept suédois qui me rejoint totalement. Le fika : ça vous dit quelque chose?

Crédit : Pinterest

On connait tous l’amour des Italiens envers le café. Pour eux, c’est sous la forme express, c’est-à-dire debout, le long d’un comptoir entre deux destinations, que le café se déguste.
Les Suédois eux aussi vouent un tout aussi grand amour pour le café, mais plutôt sous un contexte de détente et de convivialité. Après tout, ils sont les 3ème plus gros buveurs de café au monde (après la Finlande et les Pays-Bas).

Qu’est-ce que le fika?
Concrètement, c’est une pause café accompagnée d’une collation (préférablement une part de gâteau).
Mais en réalité, c’est tellement plus profond que ça. C’est un moment prévu dans la journée pour relaxer, discuter avec ses collègues ou ses proches et décrocher. C’est un court instant (10 à 30 minutes) où l’on prend le temps de s’asseoir, parler et rattraper le temps perdu par la frénésie du quotidien.
En vrai, c’est bien plus un événement social qu’un goûter.

Au contraire de l’heure du thé, le fika peut prendre place à tous moments de la journée.
Le plus beau dans tout ça, c’est que ça se pratique partout. C’est un instant qui a lieu entre les repas, entre deux destinations ou même au travail.
On peut inviter de manière plus officielle un proche ou un ami dans un café ou prendre une pause au bistro du boulot avec les collègues. Ça peut même être aussi simple qu’un thermos et une friandise dans l’autobus!
L’important, c’est de prendre consciemment une pause (ou deux) dans sa journée pour savourer l’instant présent.

Crédit: duka.com

Comment pratiquer le fika ?
Encore une fois, il n’y a pas de règles strictes ni de codes de conduites qui encadrent les bonnes pratiques du fika. Toutefois, voici quelques éléments clés à retenir:

Avoir le bon état d’esprit
Profiter du moment présent et faire les choses en pleine conscience, c’est essentiel. Pas question de regarder ses courriels aux 5 minutes, ni scroller infiniment sur Instagram et encore moins de se soucier de ce qu’on va manger pour souper. Le moment ne doit pas être forcé, ni devenir une tâche. C’est important que soit fait en bonne volonté, sans quoi on risque d’y associer un sentiment de perte de temps.

Être entouré
Bien que le fika puisse se pratiquer seul, c’est avant-tout un moment de partage avec son entourage. C’est l’occasion d’être 100% avec l’autre, de l’écouter et de partager. Ce n’est pas obligé d’être pratiqué en compagnie de nos proches: on peut être fika avec son équipe au travail ou même avec une connaissance. C’est d’ailleurs idéal pour apprendre à connaitre quelqu’un : on évite ainsi le malaise de s’inviter pour le souper, tout en partageant un bon moment.

Déguster du bon café
Évidemment, tout bon fika doit être accompagné de café bien préparé, ou du moins de thé. Dans tous les cas, il n’y a rien comme une boisson chaude pour se réchauffer l’âme.

Et surtout, se faire plaisir
Traditionnellement, on accompagne le café de brioches à la cannelle (kanelbullar), boules au chocolat (chokladbollar), de gâteau aux carottes ou de biscuits. L’important, c’est surtout de s’offrir un douceur et de faire une pause des 150 000 habitudes alimentaires saines que l’on devrait suivre quotidiennement.

En quoi pratiquer le fika est bon pour nous? 
Pour les Suédois, ce n’est rien d’innovant, ça fait partie de leur habitudes quotidiennes.
Pourtant, on a tout à apprendre de ce rituel.
Pourquoi? Parce que ça devrait être inné de prendre chaque jour le temps de s’arrêter.
Ça devrait faire partie de notre agenda et avoir autant d’importance qu’un meeting. On ne supprime pas la pause fika pour faire place à un rendez-vous professionnel. On lui donne sa juste place dans notre journée.

C’est en quelque sorte l’élément manquant pour intégrer un peu de lenteur à nos journées. Célébrons donc nous aussi le fika, ne serait-ce que pour savourer le temps tel qu’il est, tel qu’il passe.

Crédit : Pinterest

Bon fika !☺️☕️

Guide pratique : les boissons à base d’espresso

Guide pratique : les boissons à base d’espresso

En interrogeant différents baristas et en cherchant dans les livres, on se rend compte que les définitions et recettes peuvent varier pour une même boisson à base d’espresso.
Donc pour votre bien et parce que j’aime que vous soyez bien informés; j’ai réuni ici-même les définitions qui ont fait l’unanimité au sein de mes recherches*.
Comme je ne détiens pas le savoir absolu, considérez plutôt ces recettes à titre de référence. 🙂

crédit : Pinterest

La base
Tout d’abord, sachez que ces boissons sont toutes à base d’espresso. Tout dépendant du choix, on viendra par la suite y ajouter plus ou moins de lait, allonger ou raccourcir la quantité de café.

Pourquoi tous ces noms ont une sonorité exotique ? Parce que l’espresso est né en Italie (et donc ses dérivés aussi). Tout simplement !

Espresso :  c’est la base des boissons qu’on retrouve dans les cafés.
* On reconnait un bon espresso par son équilibre aromatique, sa texture, et son créma onctueux.
Sous-extrait, il goûtera l’eau
Sur-extrait : il goûtera très amer

  • Simple  : on extrait une seule dose à la fois à partir de 9g de grains moulus pour obtenir 25-30ml de café.
  • Double : on fait couler deux doses en même temps à partir de 18g de grains moulus pour obtenir environ 50 à 60ml,
  • Court: on cesse l’extraction lorsqu’on atteint le fameux 25ml pour un simple, 50ml pour un double.
  • Long (allongé): on prolonge l’extraction pour atteindre le double du volume, donc 50 ml pour un espresso simple long, et 90ml pour un double long.

Ça va jusqu’ici ?
Pour les prochaines recettes, la quantité de café et de lait peut varier selon la grosseur, mais considérez ces quantités pour une boisson de taille standard.

Ristretto : c’est la version encore plus courte de l’espresso. Moins amer, mais plus intense que l’espresso de base.
Composition : Pour la même quantité de grains moulus initiale, on obtient la moitié moins d’eau. Ce qui nous donne une boisson d’environ 15ml.

Café Latte : une douce boisson lactée, parfaite pour s’introduire à l’univers de l’espresso.
Composition : un double espresso (50-60ml) auquel on vient ajouter +/- 150ml de lait chaud. On parle d’un ratio d’environ 1/4 de café pour 3/4 de lait, surmonté d’une fine couche de micro-mousse.

Café au lait : en Amérique du nord, commander un café au lait revient généralement à commander un latte. Sauf qu’en réalité, le café au lait est une recette à base de 180ml café filtre fort auquel on vient ajouter +/- 180ml de lait chaud, sans mousse, servi dans un bol de préférence.

Cappuccino: la boisson réconfortante par excellence grâce à sa texture soyeuse et son équilibre.
Composition: un double espresso auquel on vient ajouter 60ml de lait chaud surmonté de 60ml de mousse.
Le ratio est généralement de 1/3 de café pour 1/3 de lait chaud surmonté de 1/3 de mousse

Macchiato: Légèrement adouci et texturé par la mousse de lait qui ajoute de la douceur en bouche, c’est la transition parfaite pour apprendre à aimer le goût de l’espresso.
Composition: un espresso court (simple ou double) sur lequel on vient déposer de la mousse de lait. On parle d’un ratio de 1/2 pour 1/2.

Cortado (ou Gibraltar) : Une boisson de petite taille avec un goût de café plus prononcé. Parfait pour ceux qui trouvent le goût du latte trop dilué.
Composition : un espresso double court (environ 40ml) auquel on vient ajouter la même quantité de lait chaud, sans mousse. Le ratio étant 1:1

Flat white:  une boisson à la texture plus onctueuse que le cortado, avec un goût de café un peu plus prononcé que le latte.
Composition: un double espresso sur lequel on fait couler de la micro-mousse de lait chaud.

Américano: c’est ce qui se rapproche le plus d’un café filtre, tout en conservant le goût plus prononcé de l’espresso.
Composition: un double espresso auquel on vient ajouter de l’eau chaude au lieu du lait, tout en conservant un léger créma.

Mochaccino: la version chocolatée d’un cappuccino, à considérer dans la catégorie « dessert » selon moi.
Composition: 1 à 2 cuillères à soupe de sauce au chocolat ou chocolat fondu dans le fond d’une tasse sur lequel on fait couler un espresso double ainsi que 60 ml de lait chaud. Le tout surmonté d’une couche de mousse de lait.

cold brew

Les bonus

Cold Brew: c’est une infusion lente à froid, idéale pour les chaudes journées d’été.
*Note : c’est une recette totalement différente d’un café glacé auquel on ne fait qu’ajouter des glaçons pour refroidir le café chaud. C’est vraiment la meilleure technique pour obtenir un café froid sans que son goût soit dilué.
L’infusion lente permet d’obtenir un café fort, sans être amer, avec un ratio d’environ 4:1, soit 4 tasses d’eau pour 1 tasse de café moulu.
Soyez patient : cette technique nécessite un bon 16h-24h d’infusion pour un goût optimal.
Il est souvent offert en quantité limitée dans les cafés, dû à son long temps d’infusion.

Affogato: c’est un café-dessert à base crème glacée à la vanille, sur laquelle on fait couler une double dose d’espresso.

Viennois: une autre version de café-dessert. On fait couler un double espresso qu’on vient recouvrir d’une généreuse couche de crème fouettée, avec un peu de cacao comme touche finale.

 

En espérant que tout cela vous permettre d’y voir un peu plus clair la prochaine fois que vous commanderez un café à votre barista ☕️😊

 

*Selon les ouvrages suivants:
Passion café, histoire et culture du café, techniques de barista, Anette Moldvaer
Coffee Drinks : an illustrated infographic guide to what’s in your cup, Merlin Jobst
Café, Hippolyte Courty